L'OAS : la peur et la violence

Septembre 1959 : de Gaulle affirme le droit de l'Algérie à
l'autodétermination.
À Alger, en janvier 1960, la colère des partisans de l'Algérie française
se manifeste par la Semaine des Barricades. À partir de ce moment, des
activistes pieds-noirs vont multiplier les violences jusqu'à attaquer les forces
de l'ordre. L'échec du putsch des généraux, en avril 1961, entraîne à
leurs côtés quelques officiers irréductibles. C'est eux, civils et militaires,
animés par la peur ou la rancoeur devant la marche de l'Algérie vers
l'indépendance, qui vont créer l'OAS en vue de renverser la situation par
tous les moyens, y compris celui de l'assassinat du général de Gaulle.
À partir de sources variées, l'auteur retrouve le sens et les modalités du
combat dans lequel, au nom de la défense de l'Algérie française, des
activistes se sont engagés à la fois contre le FLN et contre un gouvernement
métropolitain accusé d'abandon. Elle interroge également les convictions
des militants qui se sont mobilisés contre le retour du «danger fasciste».
Entre ces deux pôles, elle met en évidence une zone d'indécision propre à
favoriser la mise en oeuvre de liens inattendus dont l'OAS s'est prévalue,
alors que l'opinion métropolitaine tranchera finalement contre elle et en
faveur de de Gaulle.
Avec une probité rare, Anne-Marie Duranton-Crabol parvient à restituer
l'histoire de l'OAS en même temps que le climat des quelques mois pendant
lesquels les deux rives de la Méditerranée se sont embrasées, au point qu'un
demi-siècle plus tard, le souvenir des événements et les imaginaires ont
conservé une forte charge émotionnelle et restent difficilement conciliables.