La réforme de la double peine : les mesures transitoires

La loi du 26 novembre 2003 relative à la maîtrise de l'immigration et
au séjour des étrangers en France a modifié le régime de «la double
peine». Contrairement à ce que le gouvernement a prétendu
notamment lors des débats parlementaires, il ne l'a pas supprimé.
La réforme opérée en 2003 crée simplement de nouvelles
catégories d'étrangers bénéficiant d'une protection renforcée face à
l'éloignement. Toutefois il convient d'indiquer que non seulement
ces catégories ne sont pas de façon absolue à l'abri d'une expulsion
(AME) ou d'une interdiction du territoire français (ITF), mais par
ailleurs l'appartenance à l'une d'elles suppose de remplir des
conditions si nombreuses que le nouveau système ne profitera qu'à
un nombre très réduit d'étrangers. Au bout du compte, les étrangers
ayant pourtant des attaches en France, qu'elles soient d'ordre privé
et/ou familiales, sont toujours exposés au risque de l'exil.
La loi de 2003, qui n'a vocation qu'à régir l'avenir, prévoit des
dispositions transitoires (art. 86). Ces dernières concernent les
étrangers, déjà sous le coup d'un AME ou d'une ITF, qui ne
pourraient plus en principe aujourd'hui faire l'objet d'une telle
mesure d'éloignement en raison de leur appartenance à l'une des
catégories protégées de façon quasi-absolue. L'objectif poursuivi
par ces dispositions transitoires est double : faire disparaître la
mesure de départ forcée (abrogation de l'AME ou relevé de l'ITF) et
redonner aux personnes concernées le droit de séjourner en France.
Cette note pratique présente de façon simple ces dispositions
complexes, avec en annexes des lettres types.