Mathilde

Comme tous les ans avant la
période estivale, Marie vient
ouvrir la grande maison familiale
située en face de la mer. Cette
fois-ci, un sentiment étrange
l'envahit, la suivant comme une
ombre. Elle ne se sent pas seule...
Pour Marie, le temps s'arrête
comme lors d'un rêve. Mais oui,
elle a sûrement rêvé, s'imaginant
des choses impensables dans
sa réalité toute cartésienne.
Est-elle sotte ! Mais quand bien
même, elle aurait juré, pourtant,
qu'auprès d'elle s'est manifestée
une étrange perception.
Pour garder en l'état une chose
aussi fragile qu'un héritage
familial, on en rajoute, sans
jamais retirer le souvenir d'autrui.
Parfois, cela donne l'opportunité
à quelques fantômes de ressurgir
du néant où chacun les pensait
ensevelis, tombés dans la
désuétude des jours...Moi, je
regarde vivre cette famille depuis
des années. Enfin, quand je dis
que je regarde, cela veut dire que
j'accueille ; parce qu'avec les
années qui se succèdent, cette
maison est devenue une entité à
part entière, évoluant un peu en
moi-même ou est-ce moi qui me
suis fondue en elle ?