Je n'ai fait que te rêver

Ce sont trois mois d'écriture venue d'une île anglo-normande, Jersey. Jour après jour, à même le vrac du voyage.
Si je dessinais la courbe de ces journées-là, apparaîtrait un cercle d'où sont nés mes vertiges. Sans repentir. Sans échappée par la ligne droite. Comme un rond que la pluie fait sur l'eau. Au rythme du ressac. Les mots entraînés vers le large.
« À Gorey, la baie se courbe en estuaire, dans une odeur putréfiée d'algues brunes et de mouches minuscules. Au loin le chenal dessine les lignes d'un corps photogénique. Au loin, plus loin, les vagues cavalent après le jour. »
Faire de l'amour un cas d'urgence dans « un monde de seuls », souffrir de la présence-absence pour nourrir de miettes un fantôme, choisir un lit « pour se défaire », et écrire, écrire, jusqu'à l'imprononçable. Voici le premier livre de Brigitte Hautefeuille.