Delons et le cinéma

André Delons est mort jeune, avalé par la guerre après une trop courte période
de création se déployant principalement entre 1927 et 1933. Son oeuvre poétique se
cache dans le creux d'une abondante quantité de revues et cohabite avec une activité
régulière d'écrivain de cinéma. Les textes sur le sujet qu'il a proposés à différentes
revues de l'époque ( Cinéa Ciné pour tous réunis, La Revue du cinéma ou Variétés )
montrent un homme regardant « ce jeu nocturne », s'adonnant à la critique de films
et réfléchissant au nouvel art au moment de son passage du muet vers le pariant.
La lecture de ces textes laisse alors apparaître la construction d'un jugement
personnel au sujet de l'actualité cinématographique, mais également la cohabitation
entre une vision singulière et celle de groupes que Delons a pu fréquenter. En cela,
ses textes rappellent que le cinéma procède d'un rapport individuel à l'objet,
mais constitue également une activité et parfois, une prise de position collective.
Cette étude montrera non seulement comment le spectateur Delons a transmis par
l'écriture certains moments d'une actualité cinématographique parfois tombée dans
l'oubli, mais comment il a su déployer sa propre cinéphilie dans des textes méconnus,
s'inscrivant dans la marge d'une histoire des discours sur le cinéma.
Delons et le cinéma