Le diabète, c'est toute ma vie

Comment se construit-on, quelle place se fait-on
dans la vie et dans la société lorsqu'on a pris l'habitude
précoce de se voir (ou d'être vu) avant tout
comme un diabétique et que l'on se sent différent
des autres ? C'est à cette question que s'efforce
de répondre ce témoignage : à mi-chemin entre
la confidence autobiographique et l'autofiction, il
permet de mieux comprendre les obstacles ou les
limites que cette affection chronique peut mettre à
la réalisation de soi.
C'est à la fin des années 1960 que l'on diagnostique
chez la jeune Suzile, âgée de douze ans, un diabète
de type 1, qui va nécessiter des injections quotidiennes
d'insuline et une surveillance régulière.
Cette pathologie est alors bien connue et soignée,
mais elle représente encore, aux yeux du public et
même du corps médical, un handicap certain. De
fait, la vie familiale de Suzile, ses relations avec ses
frères et, surtout, sa mère vont se trouver infléchies
par la prise en charge de la maladie, avec son cortège
de contraintes.
C'est après des années de recherche d'emploi et
d'existence plutôt solitaire, en retrait, que la jeune
femme décrochera un poste de secrétaire médicale
et apprendra à s'ouvrir aux autres au sein d'une
association de diabétiques, jusqu'à trouver l'épanouissement
et l'équilibre affectif tant désiré.
Un témoignage d'une grande sensibilité, un parcours
de vie exemplaire.