La déductibilité des charges financières en droit fiscal français des entreprises : un système favorable à l'optimisation fiscale et financière, mais inefficace face aux abus

La déductibilité des charges financières en droit fiscal français des entreprises
Un système favorable à l'optimisation fiscale et financière,
mais inefficace face aux abus
Le choix pour une entreprise de se financer par l'emprunt plutôt que par
les capitaux propres s'explique généralement par la possibilité de déduire
les intérêts, et donc, de réduire l'impôt dû. Néanmoins, certaines sociétés
sont tentées d'augmenter de manière abusive leurs charges financières au
détriment du Trésor public. C'est la raison principale pour laquelle la loi a
posé des limites à la déductibilité des charges financières.
Nous avons alors hérité d'un arsenal complexe. Il comprend des limites
générales que sont la théorie de l'abus de droit ainsi que l'acte anormal
de gestion, d'autres plus spécifiques, relative à la sous-capitalisation des
sociétés, aux comptes courants d'associés ou encore, à la lutte contre
l'évasion fiscale internationale. Toutefois, à l'exception de l'amendement
Charasse, cet arsenal ne permet pas de protéger efficacement les recettes
de l'État.
Finalement, ce travail nous amène à prendre de la hauteur par rapport
à ces mécanismes ainsi qu'à les analyser comme un ensemble de mesures
prises sans véritable logique, qui tente de concilier, en vain, la liberté de
gestion des entreprises avec la sauvegarde des recettes de l'État. Notre
analyse aboutit à constater l'absence de politique fiscale globale dans la
lutte contre les abus en la matière.