Descartes et la chimie

Descartes et la chimie

Descartes et la chimie
Éditeur: Vrin
2011256 pagesISBN 9782711623303
Format: BrochéLangue : Français

Bien qu'il n'y ait consacré aucun ouvrage, Descartes s'intéressait

à la chimie de son temps, qui s'appelait aussi alchimie. On a souvent

oublié cet aspect de ses recherches scientifiques, alors que les

questions de chimie, fréquemment évoquées dans sa correspondance,

trouvent leur place dans Les météores de 1637 et constituent

l'essentiel de la quatrième partie des Principes de la philosophie.

L'emboitement successif des histoires de la formation de l'univers,

du système solaire et de la Terre conduit au récit de la formation

des différents minéraux et des corps chimiques, dont les propriétés

sensibles sont expliquées par les interactions mécaniques de

corpuscules se distinguant les uns des autres par leur figure, leur

taille, leur vitesse, leur dureté ou leur tranchant. Ces développements

débouchent sur de longues considérations concernant la nature et les

effets du feu.

Pour autant, loin de vouloir donner à la chimie le statut d'une

science comparable à la mécanique ou à la médecine, Descartes s'est

plutôt employé à réduire les opérations de la chimie à celles de la

mécanique, contestant ainsi la spécificité des opérations et des

concepts de la chimie de son temps. Le système cartésien ne pouvait

en effet se satisfaire ni des «esprits» de la chimie, au statut ambigu

entre matière et pensée, ni des principes paracelsiens, Mercure, Soufre

et Sel, qui n'avaient d'autre consistance que les propriétés sensibles

qu'ils manifestaient.

Se pose alors la question de la possibilité d'une chimie

cartésienne. Le corpuscularisme de chimistes comme Robert Boyle ou

Nicolas Lémery s'inspire davantage de la tradition alchimique et des

recherches chimiques de l'époque que du cartésianisme. C'est en

défendant son autonomie à l'égard de la physique et de la médecine

que la chimie a pu se développer dans la seconde partie du XVII<sup>e</sup> siècle

et au XVIII<sup>e</sup> siècle, en se présentant comme une science empirique se

défiant de tout présupposé métaphysique. L'influence cartésienne

semble alors s'évanouir au fur et à mesure que se développe la chimie.

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