Détours et métissage : le cinéma de Benoît Jacquot

Benoit Jacquot est le grand homme discret du cinéma français.
Après avoir travaillé avec Marguerite Duras, cet héritier
de la Nouvelle Vague commence à tourner en 1975, avant
d'enchaîner des films jugés parfois austères, mais tout de suite
fortement soutenus par la critique ( Les Ailes de la colombe ,
1981, Les Mendiants , 1988) ; il rencontre un peu plus tard le
succès public avec des films aux séductions plus immédiates :
La Désenchantée (1990), La Fille seule (1995).
Sa production se signale par une grande diversité : documentaires,
longs métrages de fiction, films «de théâtre», film «d'opéra»,
téléfilms. Mais à travers cette diversité, on perçoit vite que ce
travail est centré sur certains seuils ou intersections fascinants
de l'expérience humaine : la naissance de l'amour, les jeux du
langage, la vérité des rencontres, le déclin des sentiments.
Le département des lettres de l'Université Rennes 2 lui a
consacré une rétrospective et des rencontres à l'automne 2006.
Les entretiens enregistrés ont été complétés d'une discussion
sur un beau film étrange, que nous publions dans ce livre : Les
Mendiants (1988).