Waterloo : fragment historique sur les Cent-Jours

I
Waterloo, nom fatal, dont s'indigne l'histoire !
Depuis un demi-siècle il retombe sur nous.
Trahison du destin ! journée expiatoire,
Qui remit sur leurs pieds tant de rois à genoux !
Le monde fut joué comme aux champs de Pharsale,
D'un côté, soutenant la lutte colossale,
Seul, de victoires fatigué,
Un homme, plus qu'un homme, un grand peuple et son ère,
Tirant son dernier coup d'idée et de tonnerre ;
De l'autre, l'Occident ligué.
II
Sous les drapeaux de l'aigle, un Dieu du grand principe,
La révolution et le culte des droits,
Tout un monde nouveau que notre ère émancipe,
Et notre vieille garde, épouvantail des rois.
Sous les vieux léopards, l'Angleterre et ses haines
Groupant, pour raffermir le droit divin des chaînes,
Tous les sceptres contre un grand nom ;
Wellington et Blücher, ces grands hommes à l'heure,
Livrant leurs deux talents, qu'un jour de gloire effleure,
A la fortune du canon.