Mais peut-on vivre sans illusions ?

Pierre Nahon se découvre et s'interroge sur les circonstances
de sa vie familiale, la guerre d'Algérie, les rencontres, qui
l'ont conduit à prendre conscience de ses goûts, de son
caractère et de son engagement professionnel auprès des
artistes. Un regard sec, sans complaisance, sur son parcours
où affleure plus encore que dans ses livres précédents, Pour
la galerie et L'Art content pour rien , un scepticisme certain.
Est-ce son existence actuelle à Venise dans les somptuosités
de l'architecture et de la peinture omniprésentes qui
accentue le décalage avec les oeuvres contemporaines qu'il a
promues ? Est-ce le recul que provoque un désinvestissement
progressif de ses activités de marchand ? Ou bien encore,
les dérives financières d'un marché de l'art qui échappe
aux cercles d'amateurs qui l'obligent à se poser la question
de la valeur et donc du sens de l'art actuel ? Sans doute les
trois interrogations s'interpénètrent et provoquent un regard
rétrospectif, légèrement désabusé, qui donne le titre au livre :
mais peut-on vivre sans illusions ?