Qu'est-ce que nommer ? L'image légendée entre monde monastique et pensée scolastique : actes du colloque du RILMA, Institut universitaire de France Paris, INHA, 17-18 octobre 2008)

L'inclusion de textes courts dans l'oeuvre figurée, en particulier dans l'enluminure, n'était
pas absente de l'art carolingien, mais prend un développement majeur à l'époque romane :
noms de personnes, de choses, d'allégories, phrases inscrites dans l'image, sur ses bordures,
sur les bandeaux séparant les registres... Le texte court est alors souvent disposé sur des
formes géométriques qui structurent la composition, et le phylactère fait son apparition.
Mais ce n'est que vers 1300 que le phylactère, en arabesque, se distingue désormais nettement
du texte en cartouches horizontaux, en un procédé qui sépare la parole émise de l'énoncé.
Parallèlement, et pour ne citer qu'une autre des mutations qui l'affectent (importance
moindre des tituli , place des passages bibliques, des gloses...), le texte court présent dans les
schémas scientifiques ou techniques finit, également vers la fin du XIIIe siècle, par jouer
un rôle particulier dans les diagrammes didactiques, dévotionnels ou moraux.
Le colloque avait choisi d'analyser la place du texte court sous toutes ses formes, dans
l'oeuvre d'art, de la fin du XIe au début du XIVe siècle ; de situer ce phénomène dans les
mutations intellectuelles comme dans leurs conséquences sur l'organisation du livre et de
sa mise en page - articulation et hiérarchisation des textes, titres, divisions, numérotations,
introductions, résumés, index...- ; et d'examiner en quoi ces modifications à l'intérieur de
l'image précèdent, accompagnent, ou suivent les transformations de la pensée. Quelles sont
alors les évolutions majeures dans la relation du lire et du voir, et que signifie nommer ?