Histoire du Moyen Age. Vol. 2. Xe-XIe siècles

Entre la fin du X<sup>e</sup> siècle et le début du XII<sup>e</sup> siècle, l'Occident,
jusque-là simple notion géographique, devient une réalité
avec la naissance de la chrétienté. Au-delà de leurs divisions,
les peuples prennent alors conscience de leur unité. Il
s'agit là d'un tournant décisif car, depuis la désagrégation
de l'Empire carolingien, aucun pouvoir politique ou spirituel
n'avait eu assez d'influence pour exercer une autorité
dépassant les frontières des différents royaumes.
À cette époque, sous l'influence de Cluny et de quelques
abbayes réformées, le monachisme connaît un grand essor
et les monastères deviennent rapidement des centres spirituels
majeurs de la chrétienté, de même que les centres de
vie culturelle les plus florissants du moment.
Le latin étant jusque-là très peu compris en dehors de
l'Église, les clercs élaborent une littérature en langue vulgaire
afin de toucher la population qui échappe à leur
influence. Dès le X<sup>e</sup> siècle apparaissent des textes en dialecte
roman, et on assiste, au XI<sup>e</sup> siècle, à l'apparition des
premières chansons de geste écrites, comme la Chanson de
Roland , où la foi des héros est mise à l'honneur. C'est à
travers cette littérature de divertissement que l'Église
entreprend de christianiser les mentalités des lecteurs en
leur proposant un idéal religieux.
Ce volume passe également en revue les différents États des
X<sup>e</sup> et XI<sup>e</sup> siècles, ainsi que leur mise en place. Il montre enfin
que la caractéristique essentielle de la géographie politique,
entre 900 et 1100, est le rattachement au même ensemble
«seigneurial et chrétien» de zones marginales jusqu'alors
constituées en aires isolées.