Vocabulaire et création poétique dans les jeunes années de la Pléiade : 1547-1555

Depuis bien longtemps il n'y a pas eu de synthèse sur cette
question immense du «vocabulaire» des poètes, notamment à
l'époque où semble renaître la langue française sous l'impulsion
des premiers arts poétiques et du programme altier et ambitieux
de La Défense et Illustration de la Langue française. Or non seulement
les spécialistes de la langue ont aujourd'hui beaucoup
avancé mais il semble que les concordances et les éditions chronologiques
savantes des oeuvres complètes des poètes de la
Pléiade ou de leurs contemporains (sans exclure donc les «arts
poétiques»), grâce à leurs glossaires en particulier, permettent de
grandes avancées dans la connaissance des pratiques poétiques
des uns et des autres. Ainsi on peut être frappé en travaillant sur
Du Bellay ou sur Magny, sur Baïf ou sur Belleau, sur Jodelle, sur
Peletier du Mans, Pontus de Tyard ou encore sur Ronsard de
constater des évolutions intéressantes d'un recueil à l'autre donc
d'une année sur l'autre... Voilà qui donne l'esprit général de l'entreprise
et de ses visées ; une fourchette très étroite quant aux
dates - de 1547, date de publication du poème «A la ville du
Mans» de Du Bellay, à 1555, celle de l'édition des premiers
Hymnes de Ronsard - dicte en outre le type d'explorations qui
ont porté cette réflexion collective.