Fêtes des fous et carnavals

La fête des fous et le carnaval sont souvent considérés
comme les résurgences comparables
d'une culture païenne, ancestrale et immuable.
Une autre interprétation oppose au contraire
une fête des fous médiévale, riche de contestations
sociales à des carnavals plus tardifs et reflétant une
culture plus policée.
Jacques Heers montre que ces cavalcades folles, ces fêtes
extravagantes, expriment toutes les problèmes sociaux et
politiques de leur temps. Certes, les fêtes des fous, plus
anciennes historiquement, sont davantage liées aux conflits
qui agitent les autorités ecclésiastiques. Quant aux carnavals,
ils témoignent de la montée en puissance des institutions
municipales. Par ailleurs, les contestations burlesques des
fêtes des fous, les fastes du carnaval ne sont pas si sauvages
et spontanés qu'on voudrait le croire. L'auteur montre
comment des puissances naissantes se sont emparées
de ces divertissements au départ purement ludiques pour leur
donner une signification politique et en faire l'instrument
d'un discours civique.