Le philosophe & la bibliothèque : études de moeurs scolaires, administratives voire intellectuelles

On sait que les philosophes ne font rien «comme tout le monde»,
à l'instar de leur patron Socrate qui l'a cher payé. Comment, par
exemple, utilisent-ils les livres ? En font-ils même quelque chose ?
Pourrait-on philosopher sans livres ?
Ils ne se confient pas volontiers sur le sujet. À nous de les observer,
au travail sur les textes, à nous de les pister dans les bibliothèques,
chez les libraires, dans leur usage des citations. Et s'ils nous échappent
parfois, il nous restera leurs oeuvres pour nous remettre sur leur trace.
Notamment les plus méconnues d'entre elles : leurs ouvrages
d'initiation à la philosophie qui sont, précisément, autant d'introductions
à l'usage philosophique des textes. Quoique ces ouvrages n'aient
jamais été aussi nombreux dans l'édition française, on persiste à les
évoquer avec une dédaigneuse et révélatrice discrétion. C'est que le
savoir philosophique passe pour être radicalement désintéressé. Certes,
la philosophie de nos classes terminales et préparatoires, qui en font grand
usage, est en proie à la logique utilitaire de l'efficacité à court terme,
du succès à l'examen et au concours. Mais si, pour autant, elle était moins
philosophique, tant de grands noms de la discipline y auraient-ils mis
la main ? Ici encore discrétion des philosophes.
Ainsi s'avancent-ils, un pied dans le temple de l'universel, l'autre
dans la cuisine du bachotage, là où «sont aussi les Dieux»... On
trouvera ici ce que cette boiterie intellectuelle inspire à l'auteur, spécialisé
depuis près de vingt ans dans l'assistance aux lecteurs occasionnels ou
invétérés de philosophie, scolaires, universitaires ou «grand public».
Une contribution au dégagement de l'originalité des pratiques
culturelles effectives de notre temps, et aussi de son rapport à la tradition,
qui se voudra d'abord inventaire et état des lieux.