Oraison funèbre de Louis XIV : 1715. La parole et le néant

«Dieu seul est grand, mes frères !» De l'oraison
funèbre de Louis XIV prononcée par l'oratorien
Massillon survit presque uniquement cette formule
d'ouverture, fameuse et frappante, admirée de
Chateaubriand. L'oeuvre ne méritait pourtant pas ce
quasi-oubli, eu égard à la beauté d'une langue classique
et maîtrisée, à la force et à la tension de l'antithèse que
le prédicateur maintient constamment entre la grandeur
des actions du roi selon les hommes et leur vanité
aux yeux de Dieu, et par la fresque puissante et contrastée
qu'il trace du règne, sur un fond d'ombres qu'il ne
dissimule pas.
Le discours est ici proposé précédé de la relation officielle
de l'office funèbre lors duquel parla Massillon, qui
fait revivre à nos yeux le fastueux décor dressé dans la
Sainte-Chapelle, et les contestations de rang inséparables,
sous l'Ancien Régime, de toute cérémonie.