Cahiers d'anthropologie du droit, n° 2005. Droit, gouvernance et développement durable

Que la globalisation soit perçue comme nouveau champ des possibles ou
comme source d'angoisses, il est indéniable qu'elle a contribué à des changements
sensibles dans l'organisation de notre vivre ensemble et dans la
redéfinition de nos responsabilités. En témoignent l'émergence et la popularisation
du concept et des pratiques de «gouvernance», qui remplacent
progressivement les formes de «gouvernement» plus classiques et qui
mettent l'accent sur l'interdépendance des secteurs d'activité, la participation,
les processus d'action. En témoigne aussi l'idée de «développement
durable» qui lie de plus en plus intérêts et enjeux économiques, sociaux et
environnementaux, voire culturels.
On assiste à la prise de conscience que le monde forme un tout, que les
ressources de notre planète ne sont pas inépuisables et qu'on ne saurait
continuer à aborder les différents secteurs de notre vie comme indépendants.
«Gouvernance» et «développement durable» soulignent que des
approches, abordant le Droit dans toute sa complexité faite de l'interdépendance
des divers facteurs constituant nos vies, sont non seulement souhaitables,
mais de plus en plus vitales de nos jours.
Ces nouveaux défis ne s'inscrivent pas en continuité directe avec les
mythes juridiques, politiques et économiques modernes. Il s'agit donc de
dégager des pistes pour redéfinir et mettre en forme l'exercice de nos nouvelles
responsabilités. Des dialogues interdisciplinaires et interculturels
semblent indispensables pour cette entreprise. Cet ouvrage commence à en
engager quelques-uns.