Les sens de la sottise chez Flaubert

Peut-on définir valablement la sottise ? Est-il permis d'appréhender un
objet qui, s'il peut apparaître comme une notion aisée à circonscrire, se
présente finalement comme échappant à toute définition parce
qu'empruntant toutes les définitions. C'est autour de cet objet réversible et
fluctuant, tel qu'il ressort du travail et de la vie de l'écrivain Gustave
Flaubert, que s'articule cet ouvrage.
L'étude de la sottise montre que les catégories traditionnellement
opposées trouvent un terrain d'expression commun : le relatif ne s'oppose pas
à l'absolu : il en est une manifestation ; et la conception d'un absolu n'est
envisageable que dans les vérités relatives.
La sottise, notion ambiguë, rend problématiques la hiérarchie et la
classification des valeurs, caractéristiques de la société bourgeoise. Aussi,
avec la sottise, le sens, troublé, apparaît-il dans une fuite permanente.
La sottise chez Flaubert, dans ses multiples acceptions, éclaire la
personnalité de l'auteur de Madame Bovary , mais aussi l'époque actuelle qui
mythifie la démocratisation dont le phénomène le plus suspect semble être
une prédominance du superficiel faisant craindre un nivellement des valeurs
par le bas.