Le cirque chaviré

Branko le Hongrois, dans ses cartons, transporte un
cirque. Alors des grappes d'enfants du campement
tsigane où il débarque un soir le suivent comme une
ombre. Pour eux, et surtout pour la petite Senija, il
raconte l'histoire de la splendeur du Kék Cirkusz, le
cirque de son grand-père. Avant que la Seconde Guerre
mondiale et son cortège de pogroms et de trahisons ne
le réduisent à ces quelques boîtes dérisoires. Il raconte
avec la voix fébrile de quelqu'un qui espère avoir assez
de temps pour transmettre son héritage. Aussi, quand
dans ce bidonville en bordure d'autoroute, il sent par
sept fois un poignard le transpercer, il ne peut se
résoudre à quitter la scène. Portée par une langue aux
multiples accents, à l'image de ce camp rom, Milena
Magnani nous livre une épopée moderne, qui parle de
mémoire, de transmission et d'espoir pour ces éternels
laissés-pour-compte d'une magnifique humanité.