Image et conception du monde dans les écritures figuratives : actes du colloque Collège de France-Académie des inscriptions et belles-lettres, Paris, 24-25 janvier 2008

Cinq écritures figuratives font l'objet de ce livre : chinois, naxi, maya, aztèque
et égyptien. Cinq façons de penser le monde, de le mettre en image, de
l'écrire. Car, à chaque fois, des signes ont été façonnés pour transmettre une
parole, certes, mais surtout un regard. Dans le même temps, ils restèrent
des images lisibles et reconnaissables comme telles tout au long de l'histoire
de ces civilisations, à l'exception cependant du chinois dont les caractères,
à l'origine fortement iconiques, perdirent ensuite leur motivation.
Cette force, cette longévité de l'image au sein du signe n'est pas
gratuite : elle n'est ni ornement, ni code arbitraire, mais le miroir unique
de la conception du monde qu'avaient les Chinois, les Naxis, les Mayas, les
Aztèques et les Égyptiens. Aussi apparaît-elle comme une clé permettant
de pénétrer directement dans un univers conceptuel. Encore faut-il admettre
que tout signe, même le plus simple en apparence, est le fruit d'une
réflexion qui sélectionne certains traits distinctifs et les assemble, fournissant
ainsi le «tronc» que le scribe a tout loisir d'enrichir, selon le contexte
ou l'époque, de «ramifications». C'est pourquoi nous avons présenté chaque
écriture en nous efforçant d'évoquer les signes et leurs variantes, la possibilité
de les réduire ou au contraire de créer, par ajout d'autres traits, de
nouveaux échos sémantiques avec les signes, les mots environnants, voire
le monument sur lequel ils figurent, faisant ainsi état de la richesse et de la
liberté de ces écritures figuratives.