Les maladies à prions : problèmes épistémologiques. Vol. 1. Difficulté à nommer et définir les maladies à prions

Sous un titre d'allure très technique, découlant des faits scientifiques recueillis en
biologie des maladies à prions et introduits dans une analyse historico-épistémologique,
l'ouvrage amorce l'examen de la question fondamentale de la causalité biologique et
s'efforce de dégager la philosophie biologique qui se constitue au contact des prions.
Partant de la tremblante entrée en Europe au XVIII<sup>e</sup> siècle sous des noms différents,
le volume 1 est un essai qui présente les strates d'analyse ayant permis de définir ces
maladies et de conceptualiser les agents biologiques qui les causent. Comment l'analogie
entre la tremblante et la maladie du kuru aujourd'hui disparue a-t-elle permis de tester
la transmissibilité des maladies neuropsychiatriques et d'établir un groupe distinct de
maladies nommées encéphalopathies spongiformes subaiguës transmissibles (ESST) ?
Dans quel contexte, à l'aide de quels outils conceptuels et techniques, le prion a-t-il été
élevé à la dignité de cause biologique de toutes les ESST ? Quelle est la véritable nature
d'une telle cause au regard du fonctionnement réel de l'organisme ? C'est en Égypte
nègre que nous trouverons une conception ontologique des êtres vivants compatible
avec la nature des causes biologiques. Préconisant qu'à l'instar d'un être vivant, une
cause biologique est un complexe en devenir et ne saurait être considérée comme
une substance stable, figée, cette conception permet de comprendre pourquoi la
causalité biologique place le scientifique face à l' incertitude. Ce premier volume décrit
l'élaboration de la théorie du prion. Montrant que cette théorie est une articulation
de paradigmes, il suggère que seule une telle articulation de paradigmes est capable
de soutenir une explication causale fidèle à la complexité d'une réalité biologique
mouvante.