Antimanuel de droit

«J'ai confiance en la justice de mon pays» proclame sur les marches du
palais celui dont le visage affiche désarroi, fatigue et inquiétude. Et pour
cause, le justiciable sort d'une audience dont les acteurs, le décor et le
tempo dégagent un fumet de tragi-comédie. Il aura d'ailleurs déjà
copieusement goûté au spectacle du droit, composé pêle-mêle d'une
garde à vue interminable, d'«hommes de loi» aux moeurs surannées, de
textes mystérieux que «nul n'est censé ignorer», de longues années
de procédure et de recours incompréhensibles, sans compter le risque de
passer par une case prison digne du Moyen Âge. La Faculté de droit
idéalise la Justice... et l'ancien étudiant devenu citoyen découvre avec
effroi l'institution judiciaire, ou encore le jeu démagogique du Parlement
qui légifère à n'y plus rien comprendre.
Voici donc revisités les grands principes théoriques en réalité dévoyés, le
théâtre juridique et ses faux-nez, les bavures et dérapages en forme
d'erreurs judiciaires et même le droit considéré... comme un moyen
d'action politique. Un constat aux allures de verdict aussi implacable et
salutaire que, paradoxalement, distrayant et ludique.