On achète bien les cerveaux : la publicité et les médias

Trop souvent, l'omniprésence de la publicité
dans les médias est acceptée avec un
mélange d'agacement et de fatalisme. Mais
connaît-on le coût d'une telle résignation ?
Il est élevé : une information altérée
au profit d'intérêts privés, une télévision
soucieuse de «vendre du temps de cerveau
humain disponible», une presse soumise
aux exigences des annonceurs...
Pourtant, la publicité se présente comme
un art, une culture, une machine à rêves.
En réalité, elle façonne des besoins de
consommation, véhicule des stéréotypes,
alimente la course au productivisme. Et,
désormais, elle recourt aux neurosciences
pour installer ses «marques» dans nos
consciences. Ses agences milliardaires en
ont fait un pouvoir financier ; ses conseillers
en communication, un pouvoir politique ;
son influence sur la presse, un pouvoir
médiatique. Bien plus qu'une émanation
superficielle de l'ordre économique,
la «pub» en est un rouage essentiel.