Lettre à Bendjebel : un enfant du Lot-et-Garonne dans la guerre d'Algérie

«Enfants pendant l'occupation, nous rêvions de devenir des maquisards mais
quelques années plus tard c'est la guerre d'Algérie qui nous a cueillis, à peine
sortis de l'adolescence. Nous nous sommes retrouvés un fusil dans les mains pour
combattre ceux qui se battaient pour leur liberté. Je me suis senti alors trahi par
ma patrie, celle qui avait combattu les nazis. J'ai eu à plusieurs reprises l'envie
de m'échapper de cet enfer, je ne l'ai pas fait car ce cauchemar m'a permis de
mieux découvrir l'existence et la solidité de mes racines. C'étaient des souvenirs
de bonheur et d'humour, c'étaient mes jeunes années, ma famille et mon terroir
qui s'accrochaient à moi pour me retenir, pour me dire qu'il ne me fallait pas
tout détruire. J'ai compris alors que mes idées - pourtant très justes - ne me
donnaient pas tous les droits.» Après avoir visité l'insouciance et la joie de
vivre de l'époque à travers plusieurs romans, la collection «Années 60»
s'arrête ici sur les «événements» dramatiques qui ont marqué l'entrée
dans la décennie. C'est l'histoire d'un jeune du Lot-et-Garonne qui
quitte son terroir de la France d'après-guerre pour quelques mois et qui
retrouve, en plus du traumatisme subi, une société qui a déjà changé.