Fièvres dans Hach-Médine

Que peut donner à voir une ville maghrébine quand
elle mobilise dans ses espaces d'ombre et de lumières une
pléiade de personnages que rien ne devait en principe
rassembler ?
Fièvres dans Hach-Médine est un roman qui met en
scène une population bigarrée : une voyante, un fou de
village, un fossoyeur, un écrivain et un peintre qui vivent leurs
statuts comme une maldonne, comme de mauvais rôles dans
un théâtre où sommeille l'hydre. Ils sont aux prises avec leurs
passions dans une ville où l'oeuvre des fanatiques n'a rien à
reprocher à une certaine race de rongeurs, la plus repoussante
qui soit et que le romancier, par un certain jeu de
métaphorisation, se plaît, avec son personnage emblématique,
Bélari, à nommer "fir'an el-gomma".
Avec ce nouveau roman, Hafedh Djedidi, qui se
considère comme un « passeur » dans le pays du langage
prend encore une fois le risque de conduire des personnages
de fiction jusqu'à cette ligne de démarcation entre le réel et la
fiction.