Récits des bergers de transhumance dans les Hautes Pyrénées

Je suis longtemps resté le «pioc» de la famille. J'étais le dernier... c'est moi qui avais fermé la porte. Je suis né à la ferme de mes parents, dans la campagne, tout contre la montagne. J'étais le pioc, le petit, plus tard, je me suis étiré !
Mon père me disait parfois : ; «Toi, tu feras un bon philosophe !» A ces âges-là, vas t'en savoir ce qu'est un philosophe. Il disait cela parce que je n'avais jamais de couteau à la poche comme les grands de paysans... ou de bâton pour garder les troupeaux, ou bien je sifflais pour me donner une contenance... peut-être de là vient l'expression : «Il est fait du bois dont on fait les flûtes !»
J'eus douze ans et le certificat d'études... même que l'Académie me donna ce jour-là 50 francs, le «collègue» qui suivait 30. Là aussi je sifflais en rentrant de la ville. Pourquoi cette faveur. Peut-être que j'entretenais bien le poêle situé au fond de la classe, l'hiver ?