Etat, éducation, reconstructeurs d'un passé national grec

Pour un jeune enfant grec, la gloire de la Nation est chère dans son coeur
et dans son âme. Cette Nation traverse le temps, inchangée grâce à la
puissance des valeurs qu'elle transporte pour les transmettre de génération
en génération. L'enfant-élève est l'héritier qui doit agir comme ses ancêtres
le firent pour protéger la Nation en luttant contre les «Autres» dominateurs
et en réussissant à créer l'armure nationale la plus efficace : l'État, qui émergea
sur la scène internationale en 1830. C'est à l'intérieur de cet État que
la mise en place du socle éducatif scolaire permit d'inculquer les valeurs
nationales à la jeunesse de chaque époque. Ainsi, entre la Nation, l'État et
l'Éducation, il existe une interaction triangulaire très puissante, la seule qui
soit en mesure d'assurer l'efficacité des valeurs transmises. C'est à l'école
que la mémoire est non seulement «Révélée» grâce à l'enseignement de
l'histoire, mais également enfouie, à travers la dialectique du «Nous» et
des «Autres», moteur d'un temps mythique de l'histoire. Cependant, il serait
maladroit de soutenir que l'instrumentalisation de la mémoire scolaire à
l'école est l'unique source d'éveil des facultés physiques, psychiques et intellectuelles
d'un être humain dont l'éducation dépend aussi d'un message
familial initiatique d'une morale politique et sociale et parfois des études
universitaires génératrices de réveil intellectuel.