Broder sans compter : l'art de la broderie en Alsace du XVIe au XXe siècle : exposition, Strasbourg, Musée des beaux-arts, 26 nov. 2004-7 mars 2005

Enseignée à l'école comme la calligraphie, la broderie servait à
marquer le linge de maison et à orner les tissus liés aux rites de
passage, qu'ils soient juifs ou chrétiens. Parure vestimentaire, les
motifs floraux se déployaient sur les gilets de soie portés par les
Strasbourgeois au 18<sup>e</sup> siècle, sur les châles et bonnets de coiffe
souvent somptueux des paysannes alsaciennes. Tableaux "peints à
l'aiguille" ou essuie-mains d'apparat brodés contribuaient au décor
de l'intérieur qu'il ait été urbain ou rural, bourgeois ou paysan.
Les objets textiles aussi sont des objets-témoins. Ils montrent
la confrontation entre art savant et art populaire, les influences
successives du fonds traditionnel d'Europe centrale et de la création
française, évoquent l'importance sociale de l'appartenance
religieuse et même les répercussions sur la vie quotidienne des
changements de nationalité qu'a connus l'Alsace.