Les premières cités et la naissance de l'écriture : actes du colloque du 29 septembre 2009, Musée archéologique de Nice-Cemenelum

La majorité des spécialistes place l'apparition de l'écriture au moment
où les hommes éprouvent le besoin de comptabiliser les denrées
stockées dans le but de les vendre. Ils se sédentarisent et organisent
une vie urbaine nécessitant une comptabilité pour l'entretien des
digues et la construction des palais et des temples. Dans cet ouvrage,
des archéologues et des historiens examinent cette problématique en
différents endroits clés et exposent les nouvelles découvertes archéologiques,
dont certaines changent les datations et les lieux des
premiers balbutiements de l'écriture.
Selon Jean-Jacques Glassner, à Sumer, l'invention de l'écriture
répond à la volonté des hommes de classer le monde et à la volonté
d'une élite sociale de renforcer son pouvoir. En Égypte, Pascal Vernus
fait remonter les multiples emplois de l'écrit bien avant le règne des
pharaons. Isabelle Klock-Fontanille explique les raisons historiques
pour lesquelles, en Anatolie, chez les Hittites, les écritures cunéiformes
empruntées coexistent avec un système hiéroglyphique autochtone.
Dominique Briquel souligne le rôle des transformations apportées
par les Étrusques à l'alphabet grec avant qu'il ne soit emprunté par
les Latins. Si Olivier Venture rappelle que l'écriture chinoise ne remonte
qu'au milieu du XIII<sup>e</sup> siècle av. J.-C., alors que de grandes
cités existent dès le IV<sup>e</sup> millénaire av. J.-C., Léon Vandermeersch
explique les fonctions religieuses des premiers écrits. Dans la vallée
de l'Indus, Asko Parpola démontre, sur la base des langues dravidiennes,
des mythologies indienne et mésopotamienne, comment
une approche à la fois linguistique et culturelle permet d'identifier
la valeur des signes. Vers le début du XIII<sup>e</sup> siècle, les Aztèques parviennent
à Mexico-Tenochtitlan, au terme d'une longue migration,
porteurs d'une écriture ; Marc Thouvenot s'interroge sur son émergence
et sur la manière dont cette écriture se développe avant la
conquête espagnole.