Rwanda 1994-2014 : l'Eglise et la société dans la tourmente face au génocide : essai de sociothérapie

En 1994, le Rwanda a connu une crise sociale qui s'est soldée par le
génocide des Tutsi. Huit cent mille personnes furent victimes de cette
tragédie, en cent jours seulement. Dans la recherche des causes, certains
considèrent que l'Église du Rwanda a contribué à maintenir divisée la
nation. Les mêmes disent qu'elle a non seulement recréé les ethnies dans
un pays où l'on ne connaissait que la «rwandité» et la lutte des classes
entre riches et pauvres, mais aussi qu'elle a participé au génocide soit
passivement soit directement. Ainsi furent détruites les bases sur lesquelles
l'Église se fondait au moment même où, pour la pastorale unitaire, le
Synode africain optait de construire une «Église famille» qui exclurait
tout ethnocentrisme et tout particularisme excessif sur le continent.
Dans ce travail, nous entendons partager une information, une réalité à
laquelle nous voulons donner forme. Et l'information est la perception de
la différence, dans l'analyse du phénomène du génocide, pour comprendre
qui sont les vrais auteurs et quelles sont leurs motivations. Nous
empruntons le chemin du sensible vers l'intelligible, de l'opinion vers
l'analyse scientifique du problème. Nous voulons aller au-delà du sens
commun pour arriver à la réalité du phénomène social. En effet, celle-ci
est supérieure, même si elle n'est pas indépendante de l'expérience. Le
génocide n'étant pas une crise ecclésiale mais sociale, il est normal que la
sociothérapie à proposer regarde la société rwandaise entière.
Notre travail n'accuse personne. Il définit les responsabilités entre différents
acteurs sociaux, tout en proposant une sociothérapie pour un Rwanda nouveau.
Il s'adresse non seulement aux Rwandais mais aussi à tout pays susceptible
de connaître des divisions et soucieux de réconciliation.