La lutte nationaliste au Cameroun : 1940-1971

Le processus d'émancipation vers l'indépendance du Cameroun a été l'un
des plus sanglants de l'Afrique subsahélienne. La puissance de tutelle, la
France, contrairement aux objectifs de l'ONU d'accompagner le Cameroun
dans cette direction, a voulu perpétuer sa présence. De plus, l'indépendance
du Cameroun aurait pu être contagieuse pour les autres colonies d'Afrique.
C'est pourquoi elle n'a pas résisté à utiliser une répression sanglante en
mettant en jeu toute son «expérience» des guerres coloniales d'Indochine et
d'Algérie. Les morts sont estimés entre 500 000 à 1 000 000 ; on a parlé de
génocide. Pourtant la lutte nationaliste déborde cette période sanglante de
1955-1960. Bien qu'elle fût plus douloureuse, elle n'a été qu'un élément d'un
processus plus complexe.
C'est pourquoi l'objectif de cet ouvrage a été de rechercher le fil
conducteur reliant les principales phases de la lutte nationaliste au Cameroun,
en partant de ses facteurs prédisposant aux revendications syndicalo-politiques
qui aboutiront à la lutte armée.
Ce panorama de la lutte pour l'indépendance et la réunification qui furent
les principales revendications nationalistes nous semble tout à fait bien à
propos en rapport avec notre devoir de mémoire qui coïncide avec le
60<sup>e</sup> anniversaire de la création de l'UPC, qui fut le principal mouvement ayant
incarné le plus la conscience de cette lutte et le 50<sup>e</sup> anniversaire de
l'indépendance du Cameroun.