Le supplice des week-ends

Dans la préface qu'il a rédigée pour ce choix de textes
humoristiques écrits par Robert Benchley au cours de sa féconde
carrière dans les plus célèbres revues de son temps
- Vanity Fair et The New Yorker -, le propre fils de l'auteur nous
prévient : il faut lire ce recueil avec précaution, tout au moins
«à dose homéopathique». Membre du célèbre Round Table
de l'hôtel Algonquin, qui réunissait les esprits les plus brillants
de l'époque (Dorothy Parker, James Thurber entre autres),
Robert Benchley se montre ici digne de ses pairs et peut-être
même leur maître à tous dans le registre du nonsense
où il déploie une insolence glacée ainsi qu'un sens du coq-à-l'âne
et de la logique (souvent inversée) qui ont peu d'équivalents
dans la littérature universelle, Benchley, on adore ou on déteste,
impossible en revanche de rester indifférent à cette sorte
de philosophie de la vie qui nous prend à contre-pied.
Avec modération ? C'est à voir : Benchley, c'est aussi un antidote
contre tous les supplices de la vie quotidienne.