Petit dictionnaire des mouvements ufolâtres : France, 1950-1985

Les extraterrestres ne sont assurément pas les êtres les plus dangereux, ni les
plus ridicules, au sein des créatures peuplant l'Univers... tant réel qu'idéalisé.
À l'issue du second conflit mondial et, plus remarquablement, après la crise
de 1968, une sorte de «double mouvement» semble ainsi affecter l'Occident
religieux, bien terrestre celui-là. Les croyances reconnues paraissent s'y
«affaisser» inexorablement alors que, pourtant, se manifeste partout un
vaste effort de retour au spirituel... éclaté et, pour être juste, extrêmement
«flottant». L'ensemble résultant, hétérogène et souvent confus, se teinte bien
volontiers d'ésotérisme, une doctrine visant à faire accéder à la connaissance
de vérités cachées par le biais d'une initiation spécifique. Lorsque ce parcours
ésotérique comporte des éléments de croyance aux extraterrestres, il entre
dans le cadre de cet ouvrage et peut être qualifié «d'ufolâtre». L'acronyme
britannique UFO (Unidentified Flying Object) nous renseigne, en effet, sur la
racine étymologique de ce stupéfiant qualificatif.
On ne peut que s'étonner que cette trentaine d'années d'errance cultuelle n'ait,
d'autre part, jamais été totalement explorée sur le plan hexagonal.
Il s'agit alors - pour ces «croyants» de toutes obédiences et, souvent, issus de
milieux culturels fort divers - de s'interroger sur le but des manifestations de
ces étranges visiteurs, lequel serait de communiquer aux Terriens un message
(venu de Dieu, disent certains) avant «qu'il ne soit trop tard». Brochures,
tracts, ports d'insignes distinctifs et tenues de conférences vont jalonner ces
innombrables quêtes, tant individuelles que collectives.
Parfois, dans les cas plus extrêmes, les structures afférentes s'articulent autour
de «révélations» diffusées par d'habiles «contactés». Le Mouvement raëlien
en est, pour la France, l'exemple le plus connu. Mais il est loin d'être isolé et va
se heurter à d'âpres concurrences.
On y évolue, souvent, dans la sphère d'une «attente messianique des
extraterrestres» teintée de syncrétisme scientifico-religieux. L'amalgame
«anges-extraterrestres» est, en effet, plus répandu qu'on ne le pense... Ainsi
vont surgir «de nouveaux Credo».
Cet ouvrage tente un premier recensement, conduit de 1950 à 1985, et dans le
cadre français, des nombreuses associations «ufolâtres» regroupant, aux côtés
de bien des enthousiastes, de faux prophètes, des escrocs... et d'inévitables
illuminés.