Le baiser de Judas : photographie et vérité

Dans un monde où la réalité est progressivement
remplacée par des apparences, la vérité est devenue
un concept peu opérant. La photographie, une
technologie au service de la vérité, exerce toujours
une fonction de mécanisme orthopédique de la
conscience moderne : l'appareil ne ment pas, toute
photographie est une évidence. Mais derrière cette
croyance rassurante se cache une trahison et,
comme dans le baiser de Judas, ce leurre a un
prix : quelques pièces d'or suivies d'un remords
insupportable. La photographie peut-elle échapper
au suicide annoncé ?
Ce thème inspire une série d'essais à Joan Fontcuberta,
artiste dont le travail précisément puise aux
sources du conflit, entre le vrai et le faux, la réalité
et la fiction - axe conceptuel autour duquel il a
articulé le programme 1996 des Rencontres internationales
de la photographie d'Arles.