Le populaire à table : le boire et le manger aux XIXe et XXe siècles

Mais a-t-on encore soif quand on est «Chaste et Flétrie» ou «Père et
Portier» ? Et la traque des traîtres, des félons et des Dalton laisse-t-elle le
temps de pique-niquer ? Il est des héros qui ne mangent jamais (comment
font-ils ?) et Margot ne saurait pleurer la bouche pleine. On sait pourtant
qu'Athos avait le vin triste, et que Porthos a trinqué avec le Roi Soleil, et que
l'agent 00X carbure au whisky, et qu'une bonne aventure gauloise ne peut
se terminer que par un grand banquet...
Un colloque roannais, riche de rencontres et péripéties, a évoqué la place
que la littérature populaire fait à l'estomac et recensé ce que cet organe a
inspiré, depuis deux siècles, de textes gais ou pathétiques, de lyrisme et de
scandales, d'anathèmes et de fleurs de rhétorique. Ont été convoqués les
feuilletonistes et les poètes, les auteurs de BD et les cinéastes, les romanciers
des meilleurs terroirs, les muses de Cabaret et autres Madelon. Pour parvenir
à la conclusion que la Gourmandise est le plus savoureux et le plus éloquent
des péchés...