Sciences de la société, n° 61. Le mythe de l'organisation intégrée : les progiciels de gestion

Les évolutions les plus récentes en matière de pilotage et de
rationalisation des entreprises sont largement orientées vers
l'innovation en matière d'outils de gestion et de technologies de
l'information. Avec l'entrée en scène des progiciels de gestion
intégrés ou PGI, plus connus sous le sigle d'ERP - enterprise
resource planning -, se confirme le rôle central de l'instrumentation
du pilotage industriel dans la transformation des systèmes
de production. Ces dispositifs ont la prétention de participer
à l'avènement d'une nouvelle ère de la rationalisation industrielle
et sont conçus pour réunir tout le spectre de l'activité productive
sur une seule et même base de données. Les enjeux sont
multiples : standardisation des données, suivi en temps réel de
l'activité et des performances, automatisation des processus
récurrents... Mais l'objectif affiché de standardisation de la
gestion se heurte toutefois à des dynamiques de sens opposé :
la mise en oeuvre des ERP fait l'objet de stratégies très variables
d'une entreprise à l'autre et, paradoxalement, la standardisation
se décline selon des formules diversifiées et
complexes.
Ce numéro de Sciences de la Société présente un ensemble de
réflexions consacrées à ces objets dont on peut penser qu'ils
sont effectivement porteurs de nouveaux horizons de la
régulation en organisation. Les contributions réunies ont pour
point commun d'éclairer de quelque manière l'espace de
délibération dans lequel s'accomplit aujourd'hui le processus
de rationalisation des organisations.