Les derniers feux de la tragédie classique au temps du romantisme

Qu'en est-il de la tragédie au XIX<sup>e</sup> siècle ? de cette tragédie de
forme classique dont on a si souvent, à tort, décrété la mort ou
la dégénérescence ? Survivance de l'Ancien Régime, le genre
rencontre, sous la Restauration et la monarchie de Juillet, un
succès remarquable. Évoluant et se modernisant, la tragédie
réussit non seulement à parler aux contemporains, mais à parler
des contemporains, à traduire leurs passions et leurs aspirations, à
transposer leur vision du monde. Brossant un tableau des quarante
dernières années où sont encore composées et représentées des
tragédies classiques originales en France (1814-1854), ce travail lit
le théâtre de l'époque romantique en épousant le point de vue
des «perdants». Plus encore que de se situer, dans la bataille qui
oppose romantiques et classiques, de l'autre côté (du «mauvais»
côté ?) de la barricade, Maurizio Melai s'efforce d'abattre celle-ci,
ou du moins de la contourner, en montrant la continuité foncière
qui unit le drame romantique et la tragédie classique jetant ses
derniers feux.