L'épistémologie des pratiques : pour l'unité du savoir

La rupture radicale qui oppose et hiérarchise le savoir théorique
et la pratique est devenue un moyen de légitimer le classement
social des êtres humains et l'inéquité qui en découle. Mais au fond
cette irréductible fracture n'est-elle pas un leurre ?
Au contraire, le savoir ne constitue-t-il pas une unité dont la
pratique serait la pierre fondatrice. En inversant ainsi la
problématique classique, le clivage se constitue alors entre des
pratiques de type «scientifique» et des pratiques de type
professionnel ou quotidien. Chacune d'elles étant constitutive d'un
type de savoir, savoir savant pour l'une, savoir quotidien pour
l'autre, la question de la légitimation de ces types de savoir devient
alors centrale et amène à s'intéresser à la façon dont se construisent
les pratiques et les savoirs qui en découlent.
La constitution d'une épistémologie des pratiques s'impose
alors comme un instrument de recherche éclairant les processus
professionnels et leur rendant leurs «lettres de noblesse».