Moyen-Orient 2014 : bilan géopolitique

Moyen-Orient 2014 : bilan géopolitique
L'année 2014 a vu le Moyen-Orient terminer une boucle politique
symbolique : trois ans après les « Printemps arabes », nous sommes
en droit de nous interroger sur l'échec global ou localisé de ce formidable mouvement de démocratisation qui s'était enclenché en
Tunisie en décembre 2010. Deux pays pionniers nous poussent au
pessimisme et à une certaine nostalgie romantique du réveil arabe :
le maréchal Sissi a été élu en 2014 président de la République arabe
d'Égypte, fermant la parenthèse du flou politique post-révolutionnaire et la Tunisie a porté au pouvoir Beji Caïd Essebsi, 88 ans, chef
du parti Nidaa Tounes, soutenu par d'anciens éléments du RCD,
contre son rival Moncef Marzouki, ancien président allié aux
Islamistes d'Ennahda.
Des décennies de dictature laïque avaient poussé les peuples
arabes à croire en l'alternative incarnée par les islamistes et les porter
au pouvoir. La crise économique et sociale grave que traversent le
Monde, l'Europe, et par voie de fait le bassin méditerranéen, n'a bien
sûr pas été résolue par les défenseurs de la charia.
C'est un monde méditerranéen pris entre espoirs et désillusions qui jongle entre conflits sans fin comme en Syrie, menaces
inter-étatiques et intra-étatiques, démembrements d'État comme
l'Irak, velléités d'indépendance éternelles pour certains comme
les Kurdes, entre attirance pour le renouveau et crainte de l'avenir
dans le même temps. Le choc géopolitique de cette année fut bien
sûr la proclamation de l'État islamique (ISIS), ces hommes en
noir agissant au nom du fait religieux et enfonçant un peu plus
encore la région dans le chaos.