Poèmes fluviaux

En 1786, Hölderlin a seize ans, il se remémore des jeux
d'enfant sur les bords du Neckar. Il joue, brusquement
il lève les yeux et aperçoit le fleuve : «Un sentiment sacré
frémit dans tout mon coeur [...] je murmurai : il faut prier !»
Tout au long de sa vie, Hölderlin aura longé, traversé et
contemplé les grands fleuves : le Rhin d'abord, puis le Main,
la Garonne et le Neckar enfin, transporté par leur beauté
et leur noblesse. Ils lui ont inspiré parmi ses plus beaux vers,
quelques-unes des plus grandes oeuvres de la maturité leur
sont consacrées, et on ne peut qu'être frappé de voir combien
la figure du fleuve - fleuve réel et fleuve rêvé - irrigue
l'ensemble de la poésie hölderlinienne. Véritable source
d'énergie créatrice, elle en croise tous les grands thèmes,
tour à tour emprunte de douceur et de violence, d'ordre
et de chaos, d'amour de l'Allemagne et de nostalgie
de la Grèce, de profonde humanité et de majesté divine.
Nicolas Waquet a choisi de rassembler les poèmes fluviaux du
grand poète allemand en un même recueil, et il en propose
une nouvelle traduction soucieuse de faire entendre le chant
hölderlinien.