Dissidences, n° 6. Trotskysmes en France

Les trotskysmes français traversent actuellement
une période riche en mutations : passage de relais
de la génération de 68, symbolisé par le retrait
d'Arlette Laguiller et d'Alain Krivine ; espoir
d'occuper le terrain à l'extrême gauche pour la
LCR, qui se dissout au sein d'un Nouveau parti
anticapitaliste, le tout sur fond de fragilisation du
consensus politico-économique en raison de la
crise économique qui s'élargit.
Ce courant politique pluriel a une implantation
militante ancienne en France, où il a trouvé un
terrain particulièrement favorable, remontant à la
période de l'entre-deux-guerres. Une prégnance
qui se ressent d'autant plus de nos jours, à travers
des résultats loin d'être négligeables aux élections
depuis 1995 et une influence large de son discours,
qui dépasse la sphère de ses seuls sympathisants.
Cependant, il est encore trop souvent mal connu,
sinon par le biais de mythes, de simplifications et
de raccourcis intellectuels.
Ce volume de Dissidences, qui s'inscrit dans
un travail de recherche entamé voici une dizaine
d'années, souhaite donc contribuer à une meilleure
compréhension des trotskysmes en apportant un
éclairage sur l'état des lieux historiographiques et
les acquis de la recherche. Sont ainsi abordés les
principales organisations trotskystes, mais aussi un
large spectre chronologique allant de l'après guerre
jusqu'à nos jours. Il s'agit assurément d'un jalon
important, de par la diversité des thèmes traités et
des auteurs rassemblés, dont la seule ambition est
de faire débat et référence.