Bête noire : condamné à plaider

«Je suis avocat depuis 1984. Le temps d'une affaire, j'entre dans la
vie de mon client et j'utilise la mienne pour le défendre au mieux.
J'arrive dans des villes dont je ne connaîtrai que le palais de justice,
ma chambre d'hôtel me sert de bureau. Quand c'est fini, je remballe
et repars pour une autre préfecture... Cette vie-là, je l'ai choisie, je
l'aime et elle me tue à petit feu.»
Éric Dupond-Moretti, le plus célèbre de nos pénalistes, nous plonge sans
ménagement dans la dure réalité de son métier : la peur lancinante
de faillir, les plaidoiries préparées à longueur de jour et parfois de nuit,
l'interminable attente de la sentence, la tristesse de l'après-verdict où
il retrouve son quotidien. «Condamné à plaider», mais aussi à se battre
contre la violence judiciaire «quand elle porte les habits endimanchés
de la vengeance». Car la Bête noire des prétoires nous emmène
également dans les coulisses interdites, parfois un monde d'influence
et d'arrangements douteux où la défense est tout juste tolérée, même
quand elle tente désespérément d'éviter les erreurs judiciaires. Des
révélations inédites, sur un univers déshumanisé.
Ce livre a été écrit avec Stéphane Durand-Souffland, le chroniqueur
judiciaire du Figaro.