Le dernier des chouans : Louis-Stanislas Sortant (1777-1840)

L'histoire de Louis-Stanislas Sortant et sa bande de Chouans à travers les Mauges en 1831
résume la fin des espérances des légitimistes et de la duchesse de Berry après l'arrivée au
pouvoir de Louis-Philippe.
Sortant, homme de modeste condition, est un «Vendéen» convaincu. La nécessité de la
rébellion ne fait pour lui aucun doute, persuadé de la fin prochaine de «l'usurpateur»
Louis-Philippe et du retour des légitimistes.
Agé de plus de cinquante ans, il peut enfin donner réalité à un rêve né en 1793, qui s'est
formé en 1815 mais avait tourné court, lorsqu'il a fallu défendre le roi et organiser la
résistance au retour de l'empereur.
Face à lui, il a une troupe peu décidée à se battre, une garde nationale très réticente à
s'éloigner des villes et des bourgs les plus importants, un commandement pas encore fixé sur
l'attitude qu'il doit avoir face à l'insurrection, et des maires inquiets qui craignent les
pressions et menaces physiques. Les premiers mois de 1831 lui sont favorables.
Tout en respectant le principe de légalité, le dispositif militaire s'organise pour étouffer les
bandes en réduisant leurs zones d'évolution. A la forte pression militaire on adjoint la
possibilité d'accorder des mesures de clémence, notamment pour les réfractaires qui se
rendent. Les nobles, à de rares exceptions près, se désintéressent du combat ; les moyens
manquent. Dans ces conditions, les maires reprennent confiance et ne démissionnent plus
guère, l'administration du pays, que Sortant avait voulu désorganiser, reste en place. L'épopée
prend fin avec sa reddition.
Une ténébreuse affaire de meurtre est d'abord imputée à Sortant, sans preuve. Il est, pour
les juges, un coupable tout désigné. Condamné à 55 ans, Sortant n'a d'autres perspectives que
de finir sa vie en prison.
Il sera en fait amnistié par le roi en 1837 qui libère ainsi «le dernier des Chouans».