Un crime d'honneur

« ... Je n'avais, moi, qu'un patronyme à faire valoir auprès de Casanova dit " Casa " et Lulle Mattei, deux jeunes loups du milieu marseillais. Tout ainsi était dit, structuré. Encore fallait-il savoir " naviguer ". J'avais mes références. Les amis du gang de La Rose des sables : l'enseigne d'un bar ajaccien que tenait dans son collimateur le commissaire Ignace Petrucci.
J'ai écopé d'une première punition : deux camions GMC à charger de terre et de pierres au chantier des forçats. Sans doute pour cause de témérité.
Au fond, je l'aimais bien, cet enfoiré de Nobert. C'était un homme taillé dans le roc, d'un esprit de mercenaire forgé, discipliné, pour le combat, le drapeau. Pour autant, je ne pouvais estimer l'État français oppresseur de mon île, la Corse, et depuis Sambucucciu à Paoli... »
L'histoire d'un criminel - ou d'un crime - peut-elle être de la responsabilité seule d'un homme ? De celui qui a commis ce crime justement ? Ou bien traduit-elle en réalité le poids d'un vécu, celui d'un homme certes, mais aussi l'histoire d'un lieu - une île par exemple - d'une communauté, d'un peuple... une histoire - le récit de ce crime - mais qui passe inévitablement par un procédé littéraire : l'autobiographie ou bien le roman, auquel on peut accoler le mot « autobiographique » Récit véridique ou romancé... La question se pose de même pour le fait historique : description « objective » s'il en fut, ou bien roman historique ? Lequel des deux est-il le plus « vrai » ?
En ce qui concerne « Un crime d'honneur », le lecteur choisira entre histoire vraie ou roman...
« Un crime d'honneur » est le troisième roman de Jean-Marie Sandri. « Conscience d'un crime » et « Crimes et destinés » sont les pages d'une oeuvre inachevée et qui, hélas ! le resteront !