Le Romancero

Collection de textes épiques et lyriques
généralement anonymes, le Romancero retrace le
devenir d'un peuple tout au long de son histoire
(vicissitudes de l'invasion musulmane, riposte
chrétienne sous l'étendard du Cid), de sa légende
(bataille des seigneurs espagnols contre le paladin
Roland) et de sa poésie (charmantes paroles
chantées par une jeune paysanne au bord d'une
rivière).
Le Romancero a subi les caprices de la
renommée. Considéré pendant plusieurs
siècles tantôt comme une leçon d'histoire
nationale, tantôt comme le réceptacle ou le
creuset des sentiments d'un peuple, su par
coeur et transmis de mémoire, il connut son
apogée au XVI<sup>e</sup> siècle puis commença une
progressive descente dans les eaux du Léthé.
Il fut repris, régénéré par les grands écrivains
du Siècle d'Or, dont Cervantès, Lope
et Calderón. Chassés de la sphère littéraire
écrite au XVIII<sup>e</sup> siècle, les romances attendirent
patiemment leur réhabilitation ; elle
vint de la main des romantiques allemands
(Frédéric Schlegel, Grimm, Goethe) et
anglais (Scott, Byron), puis par la France,
notamment sous le patronage de Victor
Hugo, admirateur inconditionnel de cette
«étrange Iliade qui n'a point d'Homère».