Utopies et mythologies urbaines à Villeneuve d'Ascq

Villeneuve d'Ascq, c'est aujourd'hui plus de 60 000 habitants et seulement
40 ans d'histoire. Nombre de Villeneuvois d'aujourd'hui ont
vécu en direct sa naissance au milieu des années 1970. Leur témoignage
permet de comprendre comment les aspirations à «mieux habiter»
y ont été vécues, comment une mémoire locale s'est sédimentée
autour de quelques événements rassembleurs - mobilisations collectives
à la suite de nombreuses malfaçons dans les constructions, lancement
des chartes d'aménagement et de concertation, fêtes de quartier. On
retrouve certaines valeurs et utopies «post soixante-huitardes» portées
par les aménageurs et par beaucoup des premiers Villeneuvois. Les récits
recueillis participent d'une véritable «poétique sociale», pour reprendre
les termes de l'anthropologue Michael Herzfeld, par exemple ceux qui
évoquent les pratiques et les représentations de ce que nous appelons
l'«espace public de proximité», les multiples manières de se l'approprier,
de ruser avec ses limites, de le partager.
Villeneuve d'Ascq a été une ville d'utopistes rêvant d'une ville plus
humaine, plus conviviale, qu'ils soient aménageurs ou habitants «pionniers».
Avec le temps, l'arrivée de nouveaux habitants, elle se transforme.
Ce que tous nous disent finalement, c'est que si une ville procède
de politiques d'aménagement et des manières de l'habiter, une
«bonne ville», celle où l'on se sent bien, c'est aussi une ville qu'on peut
rêver et imaginer.
Ainsi ce livre, tout en apportant des données nouvelles sur l'histoire
de Villeneuve d'Ascq et sur sa sociologie, appuyées par de nombreux
témoignages, entend montrer qu'une ville ne peut se comprendre hors
du recueil des représentations que s'en font ses habitants.