Paris, capitale de la haine

Pour le raciste, lorsque la vie est chère, c'est à cause des
étrangers, lorsque les criminels opèrent, c'est à cause des
étrangers, lorsque les voleurs pullulent, c'est à cause des
étrangers, lorsque le chômage augmente, c'est à cause des
étrangers.
Jean, le personnage principal de cette pièce, est l'un de ces
Français qui estiment que la France est une nation blanche
et de religion chrétienne et qu'il est impensable de voir Paris
se «noircir», de voir Paris s'islamiser ou de vivre dans un
Paris pluriculturel. Il est de ces Français que la présence des
étrangers gêne et surtout celle des nègres. Il en a assez de les
rencontrer dans la rue, dans les bureaux, en équipe de France
ou même de les voir se marier avec des Blancs et des Blanches.
Un seul rêve bruite dans son coeur : celui de renvoyer tous les
étrangers chez eux, de «désislamiser la France et la faire sortir
de l'Europe». Pour ce faire, il va tenter de manipuler ceux-là
qu'il n'aime pas afin qu'ils commettent un attentat terroriste au
coeur de Paris.
Cette pièce de théâtre, en dehors de son aspect comique et
de son langage quelquefois ordurier, fustige la diabolisation
de l'étranger, le renouveau du nationalisme et la montée de
l'extrémisme. Par ailleurs, il s'agit de la tragique réalité d'une
France qui se cherche en voulant aller de l'avant, mais aussi en
essayant de faire du surplace.