Contre-culture dans l'Amérique des années 60

Les Sixties sont une décennie mixte au cours de laquelle
le politique et le culturel se superposèrent, essentiellement à
partir de 1967. En effet, le politique devint culturel - si l'on
songe à l'engagement des hippies ou des yippies - et le culturel
se politisa à une vitesse fulgurante avec l'arrivée d'activistes
de la Nouvelle Gauche rejoignant le « Flower Power », puis
l'incorporant dans leur organisation et lui confiant la mission
de conduire la révolution contre-culturelle. La contestation
qui vit le jour à cette époque investit tout d'abord la scène
politique pour se déplacer progressivement, puis se propager,
à la scène contre-culturelle lorsque la jeunesse protestataire
américaine se rendit compte que son message ne passait pas
de manière suffisamment claire, ni n'obtenait les résultats
escomptés, et que le bipartisme s'en trouvait peu écorné ;
un changement de stratégie était donc nécessaire. Cette
décennie marqua une rupture nette entre ceux qui pensaient
pouvoir transformer radicalement la société en engageant le
débat dans un cadre politique novateur et les partisans d'une
refonte totale des canons culturels en vigueur.
Dans un premier temps, cet ouvrage s'intéressera à
certains mouvements sociaux qui se sont efforcés de
redessiner les contours d'une société américaine qui, selon
eux, devenait de plus en plus capitaliste, impérialiste,
impersonnelle et aliénante. Ensuite, il abordera les questions
de contre-culture et de liberté d'expression, montrant ainsi
que contestation politique et contestation contre-culturelle
se complétaient afin de donner plus de poids aux revendications
des contestataires : la culture devint dès lors une
véritable arme à caractère politique permettant de remettre
en cause le Système.