Jean Geiser, photographe et éditeur d'art : Alger, 1848-1923

Les photographes installés en Algérie dans la seconde moitié du XIX<sup>e</sup> siècle
ont dressé un inventaire ethnographique et historique d'une étonnante
richesse. Parmi eux, Jean Geiser est le plus connu. Photographe de studio,
son activité de portraitiste ne l'empêche pas de courir le pays. Il grave
sur ses plaques villes, villages, personnages et paysages. Témoin de son
temps, il assiste aux grands événements de l'époque et réalise des milliers
de clichés largement répandus grâce à la carte postale.
Comme l'écrit l'historien Jacques Frémeaux dans sa préface : «Il serait
illusoire de vouloir exiger des documents visuels plus d'objectivité qu'on
n'en trouve dans les archives écrites». Pour lui, les images de Jean Geiser ne
montrent pas une réalité mais traduisent une vision artistique et humaniste.
Il ajoute : «Si le photographe a travaillé dans le cadre d'une société coloniale,
il a su, par le respect qu'il portait à ses sujets, en souligner la dignité ou
la séduction. Leur visage, leur silhouette saisis par son appareil expriment,
derrière l'apparence exotique, l'âme de tout un peuple et de son pays».
L'ouvrage, important pour l'histoire de la photographie, peut se lire également
comme un livre d'Histoire par la photographie. Français émigrés sur
cette terre d'Afrique, Algériens curieux de leur passé ou historiens en quête
d'informations, tous auront à coeur de mieux connaître ce photographe et de
découvrir, grâce notamment aux archives Geiser, l'aventure d'un homme,
d'une famille et d'un pays à un moment crucial de son histoire.